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LA COLLECTIVE AU LAPTOP

Paris 2013


HISTOIRES D'HOMMES

Françoise Sémiramoth /
Françoise Donadieu

Dossier de presse complet 
Lecture de Françoise Donadieu



AVANT-PROPOS


Françoise Sémiramoth, plasticienne / Françoise Donadieu, écrivain : deux artistes échangent et partagent leurs visions de l’homme, des hommes, à travers leurs pratiques artistiques. Françoise, du latin francus : de condition libre. Deux femmes libres s’interrogent et nous interrogent. J’ai rencontré Françoise Sémiramoth dans son atelier, à Marseille, l’été. Chape de chaleur sur la ville calcaire : une lumière blanche, perçante, qui met à nu lorsqu’on y prête attention en marchant dans la ville, les contours des hommes et des femmes qui l’arpentent.

Marseille, ville du sud, déjà un peu ailleurs : en descendant du train de Paris, apparaît si clairement la mouvance des corps : les prémisses d’une mise en scène des genres, déjà écrite. Les stéréotypes se questionnent alors là bas, ici, partout. Dans « Histoires d’hommes », c’est la condition masculine qui est visitée.


LES HOMMES REDISCUTÉS

LES HOMMES FANTASMÉS


« Madame Bovary, c’est moi » / « Tu seras un homme, mon fils » : ces formules, devenus des poncifs, nous accompagnent et forgent aussi nos représentations : un homme ne pleure pas, un homme est fort, un homme est musclé, un homme est un homme. Il ne s’habille pas en fille, il est plein de sa virilité, celle qui le définit. Et pourtant, Françoise Donadieu autorise ici une autre parole : celle de l’homme qui joue. Il jouit de prendre son pouvoir en vivant concrètement son ambivalence dans « Some like it hot » : « J’adore les belles matières, la soie, le satin, la dentelle et les sentir sur moi, un voile sur ma peau, la douceur du nylon gainant mes jambes épilées ».

Finalement la femme libre est neuve. Elle s’amuse des codes : elle jouit des combats de ses mères, et pourtant au quotidien elle se bat et sa place est encore à défendre, à imaginer. Quelques décennies en arrière, sexe, argent et même tenue vestimentaire ne se discutaient pas – ne se choisissaient pas.


Dans « Histoires d’hommes », l’idée n’est pas d’être contre mais ensemble, et de cheminer vers une interrogation commune. La posture, l’imposture : que nous montrent ces hommes ?

L'HOMME AUJOURD'HUI ?

SES CHOIX?


Finalement la femme libre est neuve. Elle s’amuse des codes : elle jouit des combats de ses mères, et pourtant au quotidien elle se bat et sa place est encore à défendre, à imaginer. Quelques décennies en arrière, sexe, argent et même tenue vestimentaire ne se discutaient pas – ne se choisissaient pas.




La matière et le texte les interprètent. Certains jouent, d’autres rêvent, frappent, souffrent, et mettent leurs corps en scène. La masculinité est examinée le long du plaisir solitaire, de la violence à l’embrasure de la folie, de la jungle, du combat, de la guerre, de la vieillesse, et toujours : de l’amour. Françoise Sémiramoth travaille la réinterprétation d’images à partir d’échos de films, de photos, et fait rejouer des scènes à ces hommes, tels qu’elle les ressent. En inscrivant la récurrence végétale à travers les planches - la luxuriance de la jungle est aussi écho de la terre d’origine.

Elle tisse en filigranes cette figure de l’homme ancré dans des contextes géographiques différents. En regardant l’homme de « So What ? » peut se dégager l’ombre de la jeune femme dans « Je suis comme je suis », de Prévert. Cet homme qui est homme, a-t-il le droit de se travestir ? De jouer les pépées ?

Les hommes que l’on côtoie, que l’on aime, que l’on attend, que l’on pleure, que l’on ne comprend pas, que l’on cherche ... Sont ici des hommes que l’on fantasme, que l’on « triture ». Image et texte se complètent pour proposer un regard : l’alliance de deux visions. Que cherche « Le jeune homme et son chapeau » ? Si l’encre nous dessine un mystère, l’écriture adjacente raconte un parcours : en quelques lignes, nous nous saisissons d’une histoire parmi milles autres encore possibles.

Inspirées de ce qu’elles sont, artistes, femmes, mère, amantes, soeurs : Françoise Sémiramoth et Françoise Donadieu créent. Elles posent leurs décors pour ensuite se proposer leurs visions plastiques et textuelles …Et nous les racontent.
Que voyez-vous ? Que lisez-vous ? Quels mots viennent dans votre esprit pour traduire ces hommes qui jouent, et qui sont ?

Laura Maclet, septembre 2013